Psychanalyse au quotidien, l'inconscient et les rêves



Parallèlement à son étude des troubles psychopathologiques, Freud examine également les éléments de la vie quotidienne de tout un chacun, témoignant d'une activité plus ou moins consciente et qui, selon lui, révèle une part des pensées et désirs de l'homme "normal". L'humour, les rêves, les actes manqués : autant de phénomènes qui, bien qu'ils aient leur terrain d'expression dans le conscient, prennent vraisemblablement racine dans l'inconscient, établissant un pont entre ces deux mondes, qui nous renseigne sur la profondeur et la nature des pensées intimes et parfois même, ignorées.


C'est avec l'étude de ces phénomènes que Freud entend argumenter l'utilité de la psychanalyse non seulement dans le cadre psychopathologique, mais en fait, également, au quotidien. Pour quelle raison, principalement? Parce que ces phénomènes démontrent que l'inconscient joue un rôle majeur dans la vie de tous les jours : il n'est pas seulement le lieu originel de conflits pouvant donner naissance aux troubles mentaux, il est également, et prioritairement, le lieu ou l'on trouve les pensées et désirs véritables, les motivations de chacun, et par conséquent, il influence la vie quotidienne parce qu'il contient la vie psychique "brute" de l'individu, sur laquelle les contraintes internes et externes vont s'appliquer afin de transformer cette vie psychique pour qu'elle s'adapte à la réalité, et devienne  l'identité de l'individu : "ce que l'on voit et ce que l'on sait d'un individu". L'inconscient est donc toujours là, il forme la matière brute de l'identité, il est constamment actif, et nous y sommes tous soumis.

C'est dans cette idée que Freud se lance à travers deux ouvrages écrits en 1900 et 1901, sur l'interprétation des rêves. Les idées à retenir de son travail sont les suivantes : 

Le rêve est la voie royale vers l'inconscient : le rêve est le fruit de l'inconscient, qui ne subit que peu de transformations, comparés aux pensées et désirs conscients. Dans sa forme, il est bien plus proche de ce qui constitue l'inconscient. A ce titre, les rêves sont de parfaits révélateurs de l'activité inconsciente, quand bien même ils pourraient sembler étranges ou contre-nature.

Il y'a quand même une censure dans les rêves : au départ de la vie, et chez les jeunes enfants, les rêves expriment assez clairement les désirs et les angoisses, mais avec le développement du Moi et des interdits, certaines censures se mettent en place, et l'enfant plus âgés, aussi bien que l'adulte, produits des rêves plus étranges et plus "acceptables". Les censures sont plus fortes dès que l'on se réveille, puisque le système psychique éveillé met immédiatement en place les moyens "d'oublier" les éléments perturbants. Par conséquent on ne se souvient généralement des rêves, que de ce qui leur est "acceptable".

Le Moi est le garant du sommeil. En fait, un rêve pour lequel la censure ne parvient pas à faire son travail correctement, finit par réveiller le dormeur. Le Moi et la censure se voient ainsi assignés le rôle de garant du sommeil.

Le travail du patient et de l'analyste consistera donc à contourner ces censures. Dans l'interprétation des rêves, l'analyste et le patient seront amenés à évoquer toutes les étrangetés du rêves, et selon la règle de l'association-libre, le patient devra exprimer tout ce à quoi ces éléments le font penser.