Le Moi en psychanalyse



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Définition : 1) Ce qui constitue l’individualité, la personnalité du sujet. 2) Personnalité qui s’affirme en excluant les autres. 3) Psychan : Dans la deuxième topique freudienne, instance qui permet une défense de l’individu contre la réalité et les pulsions (synonyme de « ego »), relevant selon Freud du narcissisme infantile, et selon Lacan, de l’imaginaire.
Historique

L’idée de Moi, souvent synonyme de celle de conscience, est présente dans les œuvres de la plupart des grands philosophes, allemands notamment, depuis le milieu du XVIIIe siècle. Certains relativisent l’importance de ce Moi et développent les premières étapes d’une psychiatrie dynamique cherchant à se dégager des conceptions organicistes du fonctionnement de l’esprit humain.

Wilhelm Griesinger (1817-1869) est un des premiers psychiatres à affirmer que la plus grande partie des processus psychologiques relèvent d’une activité inconsciente. Il élabore une psychologie du Moi dont les distorsions sont envisagées comme résultant du conflit opposant ce Moi à des représentations qu’il ne peut assimiler. Meynert, dont Freud suit les cours en 1883, s’en inspire et formule de son coté une conception duelle du moi, distinguant le Moi primaire, partie inconsciente de la vie mentale qui trouve son origine psychique dans l’enfance, et le Moi secondaire, lié à la perception consciente.

Repris par Freud, le terme désigne dans un premier temps le siège de la conscience. Le moi est alors délimité dans un système appelé première topique, qui comprend le conscient, le préconscient et l’inconscient. A partir de 1920, le terme change de statut pour être conceptualisé par Freud comme une instance psychique à part entière, dans le cadre d’une deuxième topique comprenant deux autres instances, le ça et le Surmoi. Le Moi est alors en grande partie inconscient.

Définition

C’est le terme utilisé en philosophie et en psychologie pour désigner la personne humaine en tant qu’elle est consciente d’elle-même et objet de la pensée, et c’est plus précisément, dans la deuxième topique freudienne, « la partie du ça qui a été modifiée sous l’influence directe du monde extérieur par l’intermédiaire du système perception-conscience ». Freud ajoutera par la suite que le Moi est siège des mécanismes de défense, que sa partie consciente est avant tout "corporelle", puisqu’elle se génère à partir de la découverte de soi et des différences avec les autres. C’est aussi, et cela détermine sa caractéristique défensive, un régulateur de structures psychiques complexes telles que les fantasmes, les pulsions, les motivations…

Autres auteurs

La deuxième topique a donné naissance à trois lectures divergentes de la doctrine freudienne ; la première met en avant un Moi conçu comme un pôle de défense ou d’adaptation à la réalité ( Ego Psychology, Annafreudisme ). La deuxième immerge le Moi dans le ça, le scinde en un Moi et un Je (sujet) lui-même déterminé par un signifiant (Lacanisme). Lacan pose par ailleurs une troisième topique (comprenant le symbolique, le réel et l'imaginaire) qu'il met régulièrement en rapport avec la seconde topique : par exemple, le stade du miroir, évidement du symbolique, est selon lui analogue à l’évidement constitutif du Moi. Une troisième lecture inclut le Moi dans une phénoménologie du soi ou de la relation d’objet (Self Psychology, Kleinisme). Au delà de ces courants, il est des acceptations universelles ou presque du Moi, en rapport avec sa constitution, plus précisément ses caractéristiques ainsi que ses fonctions.

Caractéristiques du moi

Lors d’un premier essai d’explication, physiologique, de l'esprit, Freud repère l’existence d’une « instance » dont la présence entrave le passage des quantités énergétiques (le "flux mental") lorsque ce flux est accompagné de souffrance ou de satisfaction. C’est alors ce qu’il appelle le Moi, constitué à tout moment de la totalité des investissements, qu’il cherche à satisfaire ou, par l’inhibition, à éviter s’il s’agit d’une expérience douloureuse.

C’est toujours selon Freud le lieu d’un système pulsionnel où les pulsions sexuelles se différencieront pour devenir complètement distinctes. Les pulsions du Moi sont au service de l’autoconservation de l’individu. Par la suite, le concept de narcissisme, donne au Moi une place de premier plan. Suite aux travaux de Karl Abraham, l’étude des psychoses permet d’établir l’existence d’une libido du Moi (centrée sur le sujet propre), opposée à la libido d’objet ( il y a d’ailleurs un équilibre entre les deux ) ; celui-ci peut donc être investit par la libido, comme n’importe quel objet extérieur.

Du fait de la distinction entre narcissisme primaire et secondaire, le Moi devient entre autre un réservoir de libido. Par ailleurs, le moi est affecté, dans sa constitution même, par le processus d’identification : celle-ci transforme le Moi sur le modèle de l’autre. En 1923, le Moi est nanti d’un dualisme pulsionnel nouveau, opposant les pulsions de vie (Eros) et les pulsions de mort (Thanatos).

Fonctions du moi

La fonction principale de celui-ci s’est inscrit, lors des premiers développements de la recherche freudienne, dans le contexte de l’analyse et la gestion des conflits. Il demeure le point d’ancrage défensif par rapport aux excitations internes et externes, son rôle est en outre de mettre un frein aux déchaînements passionnels du ça et de substituer le principe de réalité à celui de plaisir.

Il est le lieu de réception des traces mnésiques laissées par les mots, il est au cœur du système de perception. Aidé par le Surmoi, il participe à la censure. En dépit de ses fonctions importantes (en vertu de sa relation au système perceptif, il établit l’ordonnancement temporel des processus psychiques et soumet ceux-ci à l’épreuve de la réalité), il n’en reste pas moins très fragile face aux menaces du monde extérieur, de la libido, des exigences du ça et de la sévérité du Surmoi.

Il est à noter qu’une partie du Moi, « et Dieu quelle importante partie du Moi », insiste Freud, est tout à fait inconsciente. L’expérience psychanalytique démontre précisément combien il est difficile de ramener dans le conscient ces résistances enracinées dans le Moi qui se comportent comme le refoulé.

Tout comme Lacan distingue deux sous-parties dans le Moi, cette notion très large semblerait pouvoir se subdiviser, ce qui rendrait en outre plus accessible sa compréhension : Siège des mécanismes de défense, Moi-jugeant, Moi-jugé...