Les échelles cliniques : la MADRS



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Elles représentent des outils complémentaires aux outils plus traditionnels du psychologue clinicien. Ce sont principalement des tests d’efficience et de personnalité, qui constituent des mesures de l’intensité de certains comportements. Ces outils sont particulièrement utilisés dans le cadre d’évaluations de certaines dimensions psychopathologiques, servant à évaluer des symptômes qui pourraient être présents, et qu’on associe à des pathologies spécifiques.

Par exemple, on peut solliciter l’aide de l’échelle de dépression (la MADRS) pour évaluer la présence d’un trouble particulier, et ici, la pathologie dépressive. Il y a deux types d’échelles :
  • Les échelles d’auto-évaluation. Le sujet répond lui-même à une série de questions en essayant de choisir la réponse qui lui semble appropriée. Ces échelles comportent des questions du genre de : « est-ce que vous mangez, dormez bien ? ».
  • Les échelles d’hétéro-évaluation. Le principe est proche, mais c’est le psychologue clinicien qui va poser à la personne une série de questions, au cours de l’entretien directif ou semi-directif, dans le but d’évaluer une ou plusieurs dimensions psychologiques et notamment psychopathologiques.
Ces échelles répondent aux même règles d’élaboration et de validation que les tests psychométriques. Elles constituent donc des tests rigoureux pour lesquelles la part d’interprétation personnelle du clinicien se doit d'être minimale.

Pour désigner une échelle clinique, on prend souvent ses initiales, par exemple, la MADRS (Montgomery and Asberg Depression Rating Scale). Celle-ci une échelle d’hétéro-évaluation (généralement passée en entretien semi-directif) grâce à laquelle le psychologue va explorer les différentes dimensions de la dépression, lui permettant ensuite de faire la cotation de l’échelle à partir des réponses du patient. Celle-ci comprend 10 items sur lesquels le psychologue clinicien doit s'informer :

1. la tristesse apparente, repérable par l’observation, c’est le sentiment de découragement.
2. la tristesse exprimée, contenu du discours.
3. la tension intérieure, les conséquences au niveau du ressenti, du comportement (irritable, tendu, etc.).
4. la réduction du sommeil, répercussion physique de la dépression (qualité et/ou temps de repos).
5. la réduction de l’appétit.
6. les difficultés de concentration, parfois sur des choses très banales.
7. la lassitude, incapacité à mettre en place des activités, comme se laver ou sortir de chez soi.
8. l’incapacité à ressentir, souvent caractérisée par la phrase : « plus rien ne me touche ».
9. les pensées pessimistes, les sentiments d'infériorité, de culpabilité, une vision négative du patient de lui-même.
10. les idées de suicide.

Le clinicien possède cette liste, à partir de laquelle il va conduire un entretien lui permettant d’évaluer chacune des dimensions de cet outil, et chacune des intensités des phénomènes qui s’y rapportent, ce qui lui permettra d’avoir une évaluation quantitative (note représentant la présence et l’intensité). Le psychologue procède à une cotation s’appuyant sur les réponses de chaque individu, par exemple, pour la MADRS, une cotation en six niveaux (c’est-à-dire qu’il y a 6 notes possibles pour chaque item).

Ces échelles ont été élaborées aux alentours de 1960, lorsque les psychologues cliniciens et les psychiatres ont du mieux évaluer et mieux identifier des troubles mentaux suite à l’émergence de traitements médicamenteux spécifiques à certains types de troubles. 

A l’heure actuelle, les échelles cliniques sont largement utilisées dans le cadre d’une évaluation psychologique, mais également dans le cadre de le recherche en psychologie clinique et psychopathologique.