Naissance de la psychanalyse autour des sciences de l'esprit



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Loin d'être une tentative marginale, la naissance de la psychanalyse s'inscrit dans le contexte de son époque qui s'axe sur la réflexion autour de l'homme et de ce qui définit son esprit, ce qui constitue son intérieur, réflexion qui emprunte tour à tour les idées et les connaissances provenant de champs disciplinaires aussi divers que la philosophie, les sciences sociales, la biologie.

Vienne, le terreau de l'étude de l'esprit

Cette naissance démarre à Vienne, alors un grand centre culturel et artistique de l'empire Austro-hongrois et de l'Europe en général. Dans le milieu des philosophies et de la médecine, mais également de la biologie, cette fin du 19ème siècle voit éclore de nombreux travaux fondamentaux, explorant la psyché humaine, la sexualité, la psychopathologie. La psychiatrie et la toute nouvelle psychologie expérimentale ne se contentent plus d'observer à distance l'être humain et son esprit, mais tentent, pour l'une, d'apporter des réponses aux souffrances, pour l'autre, de comprendre les mécanismes de ce que l'on considéraient auparavant comme relevant de l'âme, divine, insaisissable.

C'est dans ce contexte que l'étudiant Schlomo Sigismund, plus tard connu comme Sigmund Freud, passe sa scolarité à Vienne, puis entreprend des études de médecine, tout en explorant d'autres disciplines : Freud s'initiera à la biologie à travers les nouvelles idées darwiniennes, la zoologie et l'étude cytologique des neurones, la philosophie dans la traduction de grands auteurs. C'est au cours de cette période qu'il rencontrera Joseph Breuer, dont il suivra certains cours de médecine, et avec lequel il entretiendra une importante correspondance. 

Méthodologies transdisciplinaires d'une fin de siècle

Diplômé en 1982, Freud obtient l'opportunité financière de travailler en France au côté du grand maître de l'hypnose, Jean-Martin Charcot, qui s'intéresse notablement à l'hystérie. Ce séjour sera décisif dans l'orientation du jeune médecin.

De retour à Vienne, il assure son quotidien par la pratique clinique, recevant chez lui, Rue Bergasse, de nombreuses femmes qualifiées jusqu'alors de "malade des nerfs". Des femmes que la médecine avait pour habitude d'observer, sans pour autant intervenir, faute de théories et de méthodes de soins appropriées...

Dans son approche clinique, Freud tenta tour à tour les différentes méthodes, classiques de l'époque, passant de l'hydrothérapie à l'électrothérapie, l'hypnose de Charcot, les méthodes de suggestion issues des travaux de Bernheim, puis, sous l'influence de Breuer, à la suggestion directe et la méthode dite "de catharsis".

Les séances sont pour lui, l'occasion d'évaluer son travail et son efficacité. Constatant malheureusement ces succès très relatifs avec la méthodologie classique, Freud décide d'aller plus loin vers la psyché de ses patients, en proposant l'idée d'une association libre des pensées : Le patient reste éveillé, et, au cours de la séance, doit exprimer ce qu'il pense, sans omission, sans distorsion. Cette règle signe généralement la naissance de la psychanalyse en tant que thérapie distincte, et en tant que mouvement intellectuel.

En parallèle à ces séances, Freud initie en 1902 des réunions de groupes tous les mercredis, comprenant médecins, philosophes, littéraires... avec lesquels il discute et théorise, concrétise la nouvelle forme de thérapie que deviendra la psychanalyse.

Ainsi, tout au long de sa difficile naissance, la psychanalyse ne s'est jamais réellement marginalisée, mais a souhaité se développer en référence et avec l'aide des disciplines scientifiques, artistiques et intellectuelles. Contrairement à ce que l'on décrit parfois, la psychanalyse s'inspire depuis ses débuts, et s'étoffe, des travaux des disciplines connexes.